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Éloge de l'oisiveté

de Bertrand Russell (1932)

Synopsis

Moyenne

8.0

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MAUVAIS

Avec ce livre écrit en 1930, l’éditeur poursuit son propre éloge de la paresse, pour installer une véritable collection. Et dans ce livre comme dans les autres, c’est «la morale du travail de l’Etat esclavagiste» qui est stigmatisée, l’oisiveté étant supposée nous en libérer. Bien sûr, cette volonté éditoriale est à mettre en perspective avec les changements que créent les trente-cinq heures. C’est-à-dire un monde dans lequel l’on ne cesse de prédire l’avènement de la société du loisir. Alors, la paresse, une idée révolutionnaire ? Pas si simple.
Ce que ne voyait pas Russel, c’était que travail et loisir formaient un système. Le temps social d’avant la fabrique, par exemple, était un temps poreux, ouvert à l’interruption fortuite ou récréative. Le temps du manœuvre, discontinu et souvent inscrit dans une logique domestique, ne connaissait ainsi ni le travail, ni le loisir. Avec la Révolution industrielle est apparu un nouvel usage social du temps, dont le travail devint le référent absolu. Le temps libre, hors fabrique, s’est ainsi organisé sur son modèle. De fait, la mouvance socialiste, tout comme la bourgeoisie réactionnaire, ont défendu une même conception du loisir ouvrier, comme temps disponible à l’éducation. Il faudra attendre les années 1950 pour que s’affirme une conception ludique des loisirs, toujours suspecte d’être débilitante. La notice du traducteur de Russel renvoie à la même problématique. S’inquiétant de l’inexactitude du terme de loisir, auquel il préfère la notion antique d’otium, il ne fait que réactualiser la suspicion du XIXe siècle à l’égard du divertissement non cultivé. Russel ne fait pas exception. S’il combat la morale du travail, c’est au nom d’une morale aristocratique qui vante les valeurs de la distinction, source de l’épanouissement de soi.

Titre original : In Praise of Idleness (1932)

1 édition pour ce livre

2002 Editions Allia (Petite Collection)

Française Langue française | 38 pages

1 chronique de blogueurs

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1 commentaire

  • Ethelred Le 09 Avril 2017 à 18:37
    Personnellement, je n'ai pas apprécié ce livre à cause de son style, et c'est bien dommage. Je trouve cette réfléxion très intéressante. Nous sommes dans une société capitaliste qui consomme énormément. Acheter c'est même transformait en besoin pour certains. Pourtant, beaucoup ont aussi peur de trop consommer, d'être "mal vu" et, donc, peur de se faire plaisir car cela ne semble pas "utile".

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