Nouveaux Partenariats!

Vous pouvez, dès à présent, découvrir les partenariats qui vous seront proposés ce soir. Au menu : Kaya Editions, Fauves Editions et éditions Jungle qui nous rejoignent pour la première fois ainsi que les auteurs Victoria Martin et M.S. Mage. Soyez présents vers 20h. ;)

Catégorie : Le coin de Delphine.B

Kafka, L’éveil de Xavier Amet

Voici un roman qui à première vue, à tout pour plaire : une histoire fantastique non dénuée d’action et de violence, une couverture inquiétante et pleine de promesses, et un héros doté d’une forte personnalité. J’ai eu la chance de lire ce premier tome en partenariat avec l’auteur, et je souhaite le remercier à nouveau très chaleureusement.

Le roman prend son temps pour démarrer, ce qui est appréciable. Le contexte reste pendant un bon tiers du roman totalement terre-à-terre, nous permettant de faire connaissance avec le personnage principal tout en nous immergeant dans un univers de criminalité et de testostérone qui fleure bon la sueur et la bagarre. Au cours de cette première partie, j’étais très curieuse de lire la suite et de découvrir comment le récit allait évoluer vers un contexte plus fantastique. J’étais impatiente que la narration entre dans le cœur de son sujet.

Kafka est un personnage qui n’est pas des plus subtils, du genre brut de décoffrage, prompt à se mettre dans les difficultés jusqu’au cou. Ce n’est pas un personnage qui est des plus sympathiques à mes yeux : ses capacités émotionnelles sont assez réduites -au point de tenir parfois plus de l’androïde que de l’humain- notamment dans ses relations avec sa famille. De plus, il convoite de façon assez primitive la plupart des femmes qu’il croise. A chaque lecteur d’évaluer si ce type de personnalité lui plaît : Kafka donne à voir sa vraie nature, celle d’un homme brutal, défini avant tout par sa brutalité et son impulsivité. Dans des situations de drames critiques, il cille à peine. Il faut en tous cas lui reconnaître les qualités de ne pas dissimuler ses intentions, d’aller droit au but et d’être vraiment du genre sincère !

Les exclamations vulgaires et les allusions sexuelles sont un peu trop fréquentes à mon goût. Le registre de langue familier n’est pas forcément un problème en soi, mais l’aspect répétitif des pensées du personnage peut parfois être agaçant. Il est vraiment un homme d’action, et cette caractéristique pourra se révéler précieuse dans son avenir.

En ce qui concerne la mythologie des Kahuros, elle est originale et dépaysante.
Il était temps qu’un auteur remette en cause les bases des légendes vampiriques (l’eau bénite, l’ail, le pieu dans le cœur, les cercueils qui servent de lits, et autres excentricités). En cela, ce récit est rafraîchissant, il nous sort des sentiers battus et ne cherche certainement pas à recréer une ambiance style Lestat, et encore moins style Twilight. La narration fonctionne à plein régime, l’action est omniprésente, et la mission de divertissement est amplement respectée.

Une bonne lecture dans son ensemble, plutôt fluide et sans longueurs. A suivre dans les prochains volumes…


Ce Que Murmure La Mer de Claire Carabas

La petite sirène, bien que n’étant pas le conte le plus connu d’entre tous, exerce une fascination sur bon nombre d’entre nous car l’histoire est peuplée de créatures merveilleuses, mi-homme mi-poissons, telles que nous avons tous espéré en croiser au détour d’une rivière ou face au vaste océan. Réinventer le conte d’Andersen est un challenge de taille.

L’exercice de la réécriture, quand il colle trop au récit d’origine, peut se révéler parfaitement vain. Mais ce n’est pas le cas ici. Non seulement l’œuvre de Claire Carabas propose une histoire à la fois distrayante, intrigante et peuplée de créatures enchanteresses tout autant que l’original, mais en plus il parvient à apporter un nouvel éclairage à ce conte, si connu et pourtant trop souvent édulcoré, ou à l’inverse purement tragique lors de ses retranscriptions.

Je doutais du résultat final, mais force est de reconnaître que la noirceur du conte originel est respectée, déplacée mais transfigurée d’une façon audacieuse et jubilatoire. Galathée est si touchante, si entière, si passionnée !

Galathée, c’est donc la jeune sirène vivant dans de somptueux fonds marins, avec ses sœurs et son père ; celle qui se met à rêver du monde des hommes. La surface l’attire comme un insecte prêt à se brûler les ailes sur une trop forte lumière. S’approcher de cet univers lui est interdit, mais comme tous les jeunes individus, elle ne peut apprendre sans expérimenter l’odeur du danger par elle-même. Elle remonte haut, haut vers le ciel, jusqu’à la surface, et c’est alors qu’un bateau lui apparaît. Sur ce bateau, un jeune homme. Elle ne le sait pas encore, mais son nom est Yvon. Lui aussi la voit, de loin ; du moins il l’aperçoit, il ne sait réellement s’il a bien vu quelqu’un, ou bien s’il a rêvé. La sirène va se mettre en tête de le séduire à tout prix. Elle va le suivre, tenter de ne pas perdre sa trace. Elle est persuadée qu’ils sont faits l’un pour l’autre.

Heureusement ou malheureusement pour elle, à chacun d’évaluer la chose, de sombres créatures peuvent réaliser tous les souhaits… si la personne qui veut sceller le pacte est prête à sacrifier suffisamment. Las, quand on est amoureux, rien ne paraît plus terrifiant que la disparition de l’être aimé. Pour gagner l’affection de son jeune marin, Galathée est prête à braver toutes les souffrances, à affronter toutes les menaces.

J’ai apprécié la recherche de vocabulaire et de contexte concernant l’univers maritime, les spécificités de la vie marine, etc. Un charme indéniable se dégage des descriptions de cette vie sous la mer, de ces existences parallèles dont nous autres humains n’avons aucune connaissance.

J’ai trouvé l’ensemble de l’histoire un peu superflue, dans le sens où elle suit exactement l’histoire préexistante. Alors certes, elle lui apporte du dynamisme en alternant le point de vue de chaque amoureux, elle ajoute des détails, elle opère de légères variantes. Mes réécritures favorites sont celles qui vont loin dans la transformation du conte, qui le défont pièce par pièce, pour créer quelque chose de totalement différent, avec seulement des points de similarité à intervalles régulières, comme c’est le cas dans toutes les Chroniques lunaires de Marissa Meyer. L’inventivité doit être le maître-mot à mes yeux pour vraiment enchanter le lecteur. De ce point de vue-là, j’ai été énormément frustrée au cours de ma lecture. Même si la plume de l’auteur est sans aucun doute de qualité !

Cependant, deux passages m’ont complètement séduite par leur violence, leur noirceur et leur audace. L’une des deux survient lors de l’entrevue avec la sorcière des mers. Cela ressemble un peu plus à ce qui se passerait vraiment si on pactisait avec le diable… ou avec une sorcière mal intentionnée… La brutalité psychologique de voir son corps changer est très bien traitée.

La thématique du langage est aussi très présente, et explorée de diverses manières. (dommage que le langage des signes n’ait pas été davantage utilisé, son utilisation est amorcée puis totalement laissée de côté)

En ce qui concerne la seconde scène, je ne peux la dévoiler pour ne rien gâcher des surprises cachées dans le roman, mais ça en vaut la peine ! Cette fameuse scène s’est imprimée dans mon imaginaire et répond assez bien à ce que j’ avais pu échafauder étant enfant après lecture du conte, et visionnages d’un long métrage reprenant le conte -mais en étant fidèle, et qui était une vraie épreuve à regarder, à vrai dire.

Dans l’ensemble, malgré tout, cette réécriture constitue un bel hommage à l’œuvre d’Andersen. En restant globalement plutôt identique, elle apporte des petites touches de réinterprétations qui éclairent l’histoire sous un angle différent. Pour les amoureux du conte original, c’est un sympathique voyage dans les sphères sous-marines !


Heartless de Marissa Meyer

Etre sans cœur… Ne pas avoir de cœur… Ce sont les reproches  récurrents qui vont être adressés par les lecteurs du monde entier en découvrant le personnage de la Reine du Pays des Merveilles. C’est un jugement tristement ironique envers celle que l’on nomme Queen of hearts (*la reine de cœur en français).
D’où lui vient sa dureté, sa cruauté, son caractère irascible ? La reine a –t-elle toujours été ainsi ? Quels vilains tours la vie a-t-elle bien pu lui jouer pour qu’elle devienne cette souveraine, célèbre pour la peur qu’elle inspire à ses sujets ?

Ce sont autant de questions auxquelles Marissa Meyer tente de répondre dans sa nouvelle œuvre de fiction, réinventant avec brio l’univers de Lewis Carroll. Dans cette préquelle aux aventures d’Alice, on découvre le quotidien d’une jeune femme qui projette, comme tant d’autres jeunes personnes volontaires, d’accomplir des projets que ses parents ne soutiennent pas. La reine lorsqu’elle était jeune femme n’est autre que Cath, ou plutôt Lady Pinkerton. Catherine, dont le grand malheur est d’être fille de marquis. A cause de son statut, elle subit une pression bien plus importante que les autres filles de son âge. Bien plus importante qu’elle ne l’aurait voulu.
Cath est pleine d’énergie, de joie de vivre. Elle a la tête qui fourmille de rêves et de projets. En effet, elle est mue par une saine ambition : celle d’ouvrir sa propre pâtisserie. Car elle a un don : elle réalise de merveilleux gâteaux, qui sont connus pour être les meilleurs du royaume. Ses créations sont toutes délicieuses, qu’il s’agisse de scones, de tartes au citron, de gâteau à la citrouille… Les descriptions de ses prouesses culinaires ont de quoi faire saliver.

Mais les obstacles ne vont pas tarder à surgir au sein de sa destinée : au début du récit, Cath va très vite comprendre que le roi lui-même a jeté son dévolu sur elle, ce qui constitue à ses yeux un fardeau des plus déplaisants. Cath n’a aucun désir de devenir reine, même si sa mère est à l’opposé totalement exaltée par cette perspective. Du point de vue de ses parents, on ne peut rêver meilleur parti que le roi, bien évidemment ; ni meilleur avenir. En acceptant ce rôle, leur fille serait mise en sécurité financère jusqu’à la fin de ses jours. Son avenir serait assuré, et de la plus efficace des façons.
Mais comment peut-on refuser sa main à un roi ?
Cette question va devenir la problématique de la vie de la jeune femme, totalement perdue dans des enjeux politiques dont elle n’a cure et désespérée de se voir réduite au rang de bel objet, ardemment convoité par un puissant.

En plus de contrarier ses désirs professionnels (car une reine ne veut décemment pas être pâtissière !), la perspective de s’unir au roi va lui devenir d’autant plus insupportable que son cœur va vibrer pour un jeune homme dont elle va faire la connaissance lors d’une fête donnée au château …
Pour faire court, j’ai adoré ce roman. Il a été un voyage magique et délicieux à mes yeux.
Cath est exceptionnelle, son personnage est d’une intensité rare pour une héroïne de roman. Le conflit qui prend place dans sa vie la confronte à un vrai choix cornélien. Et dans son malheur, Cath va se débattre avec force et dignité. J’ai aussi adoré Jest, si patient et dévoué. Je crois que c’est la première fois qu’une romance ne m’énerve absolument pas !
Marissa Meyer s’illustre dans son désormais célèbre sens du spectacle : par exemple, on croirait réellement voir le Jabberwock devant soi, tant elle le décrit avec talent. Le dernier tiers du livre est tout simplement excellent : on a le sentiment qu’un nouveau conte est créé, l’enchaînement des scènes est juste majestueux.

Pudding and pie, he was going to die. Le passage dans le labyrinthe est un vrai régal de mystère et de frayeur, la malédiction qui se resserre autour des personnages est fascinante et terrifiante. La violence des évènements malmène le lecteur de façon étrangement inattendue, puisque pourtant on devrait se répéter que la fin est depuis le début toute tracée ! Lady Pinkerton, nouveau personnage tragique, va être tant suppliciée dans son âme qu’elle en sera métamorphosée.
Et chaque lecteur sera également stupéfait de voir le puzzle se faire, se défaire, se remettre en place pour tisser le canevas funeste de la vie de la Reine de Cœur. Enjoy.


Journal d’un marchand de rêves d’Anthelme Hauchecorne

Ce livre a commencé à me hanter avant même que je ne débute sa lecture : la thématique me paraissait pour le moins fascinante, et l’illustration de couverture était plus que propice à faire vagabonder mon imagination. Et puis ce titre ! Journal d’un marchand de rêves ! Pour un lecteur comme moi, avide de mystère et adepte de littérature surréaliste, il y avait de quoi saliver ! J’ai attendu patiemment le moment opportun pour me plonger dans ce roman, et je n’ai pas été déçue. L’histoire m’a fait penser à un film de David Lynch, avec un petit goût de Lost Highway … Perte de contrôle, créatures étranges ou inquiétantes, basculement du réel au rêve ou vice-versa… Même les passages en voiture y sont récurrents d’une façon un peu comparable-à mon sens.

Le personnage principal est doté d’un nom qui me semble être fabriqué de toutes pièces, un nom-patchwork comme Marilyn Manson : Walter Krowley, avec pour diminutif « Walt », cela fait penser en même temps à Walt Disney – magicien moderne de l’entertainment- et à Aleister Crowley –plus grand sorcier de tous les temps ( ou alors c’est juste moi qui interprète à outrance ? je ne sais pas). Quoiqu’il en soit, avec un tel nom, Walter me semblait prédisposé à vivre de grandes aventures. J’ai aimé la réflexion sur le personnage principal, qui se trouve parfois mis en abîme, par exemple en affirmant « Je suis un songe orphelin, contraint d’inventer ses propres répliques ».

Le contenu est riche et nous pousse à nous interroger sur nos responsabilités et nous capacités à diriger notre vie et à influer sur ce qui nous entoure ; j’ai notamment noté cette phrase, qu’il serait bien utile de se répéter plus souvent : « Si vous cherchez des responsables, regardez en vous-mêmes. Rien de bon n’advient jamais, quand on confie à d’autres le soin de réfléchir ».

J’ai adoré ce voyage dans l’Ever, ce steampunk décalé, je continue à me rappeler l’ambiance qui y régnait des mois après, et à me souvenir de certaines scènes, exactement comme si je les avais vues dans un film. Une grande réussite à mes yeux que cette expérience de lecture ! Je recommanderais ce roman à tous mes amis sans hésiter.


Son autre moi de Sophia Sagnol

C’est avec grand intérêt et curiosité que j’ai découvert le nouveau roman de Sophia Sagnot. Un texte relativement court pour un roman, et pourtant, il ne manque pas de péripéties.
Son autre moi traite de la complexité de la psyché humaine, thème fascinant s’il en est. Il évoque des thèmes délicats, comme l’incertitude de pouvoir avoir confiance en soi-même, la fragilité de nos perceptions et  les difficultés à nous fier à celles-ci ; ainsi que la foi que nous accordons à nos proches.

Julia, le personnage principal, vit une existence normale, de jeune maman bien rangée, mais peu à peu, son existence va se compliquer… Elle va progressivement devoir remettre en doute son ressenti et ses perceptions. Le point de départ est extrêmement bien pensé : toute femme se sent vulnérable en devenant maman, qui plus est pour un premier enfant. L’inconnu, la peur de ne pas être à la hauteur, l’épreuve de la fatigue, voire de l’épuisement physique, sont autant d’obstacles pour toute jeune mère. Ici, les anomalies se multiplient.

On se questionne au début de l’histoire sur l’origine des errements de Julia : ils pourraient n’être rien d’autre qu’une perturbation post-partum.

L’auteur nous pousse à chercher à comprendre ce qui se passe vraiment, et le doute s’immisce pour demeurer très longtemps au cours de la lecture.  Le lecteur ne peut que suivre les différentes rebondissements de l’intrigue, et attendre que les clés lui soient fournies pour comprendre l’ensemble.

Le récit nous donne des pistes de réflexion sur la force du désir, sur la façon dont il peut diriger nos actes et nous pousse à nous demander jusqu’où nous serions prêts à aller pour assouvir ce désir. A certains moments de l’intrigue, l’ambition est aussi présentée comme ambivalente : est-ce une motivation qui serait source de dynamisme, et exclusivement bénéfique comme nous pourrions le penser ? Ou bien est-ce plutôt une force pouvant prendre des formes multiples, plus complexe qu’une simple énergie positive, pouvant aboutir sur des actes cruels ?

Ce roman m’a offert un très bon moment de divertissement. Je ne me suis pas ennuyée, j’ai vraiment eu du mal à le lâcher. Je voulais avoir le fin mot de l’histoire. Je tiens à remercier une fois encore l’auteur, qui a eu la gentillesse de me faire lire son livre en partenariat. Merci beaucoup ! Je recommanderais cette lecture à peu près à tous les lecteurs intéressés par le synopsis !

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