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Catégorie : Le coin de Delphine.B

L’imprudence du chat de Sarah Castillo Palayer

Sarah Castillo Palayer nous présente avec ce roman une héroïne fort sympathique, qui a pour elle la jeunesse, un cœur brisé et un chat trop mignon. J’ai pu le lire grâce à un partenariat, pour lequel je remercie encore de tout cœur l’auteur, les éditions Librinova, ainsi que l’équipe de Livraddict !

Aussi vite entamé, aussi vite fini : ce petit livre a été pour moi une lecture très agréable, avec sa petite histoire sans fioritures qui réconforterait n’importe quelle demoiselle un jour de blues. Je ne suis pas une adepte de couture, de crochet, ni de tricot. Le chat n’est pas non plus mon animal préféré (je préfère les chiens, et de loin).

Je ne me suis donc pas identifiée au personnage principal, Anna, mis à part pour sa gentillesse excessive et sa mauvaise habitude de tomber dans les bras d’hommes égoïstes et manipulateurs. Bon, sous cet angle, vous allez tout de suite imaginer une cruche un peu bêbête. Mais pas du tout : il se trouve qu’Anna est très attachante.

Même chose pour sa sœur et sa meilleure amie, qui sont exemplaires et parfaites dans leur rôle ! Je dois avouer aussi que son compagnon a quatre pattes, Burton, a su me séduire : pour commencer, son nom prouve le bon goût de sa propriétaire. Ensuite, son tempérament affectueux et son comportement de petit félin adulé sont tout bonnement adorables.

Qui n’a jamais rêvé d’être pris en main par de gentilles amies ou une super-sœur dans une période où on a le cœur en miettes ? C’est ce qui arrive à Anna. Après une rupture difficile, elle développe quelques soucis d’estime de soi – que celle qui n’a jamais  déprimé après s’être énamourée du mauvais mec lui jette la première pierre- et se met à broyer du noir quelque peu. Elle a tendance à se refermer sur elle-même et n’est pas franchement dans la dynamique de rebondir sur un avenir différent au début de l’histoire. Mais être appréciée pour ses réalisations, rencontrer de nouvelles personnes, disposer de nouvelles perspectives va lui faire un bien fou, et lui permettre d’avancer dans sa vie.

Vers le milieu de l’histoire, j’ai eu peur que le récit prenne un tour un peu cruche et décevant, mais par la suite tout s’est arrangé, et j’ai été bien contente de suivre l’évolution (positive) de notre personnage principal ! S’il y a des obstacles sur sa route, elle les affrontera stoïquement et ira constamment de l’avant, semblant s’améliorer de jour en jour. Et finalement, elle sortira grandie de toute cette aventure, plus sûre d’elle et plus forte !

Une histoire très positive donc, qui mettra du baume au cœur aux jeunes femmes esseulées, à celles qui attendent les opportunités professionnelles avec une appréhension tristounette. Anna nous rappelle que si les choses peuvent parfois être difficiles, il y a aussi de grandes chances qu’elles soient belles, pleines de nouvelles possibilités, et que tout dépend de nous !  Je recommanderais ce petit roman à mes amies sans hésiter.


Le vent les a ôtés de Marcel Séguier

Voilà un livre qui a attiré mon attention par sa couverture sobre, évoquant presque la méditation ; ainsi que par son titre complexe, poétique. J’ai eu l’opportunité de pouvoir découvrir cette publication grâce à un partenariat avec les éditions de La compagnie littéraire, que je remercie encore !

Dans cet ouvrage plutôt atypique, on  trouve une collection d’hommages, de souvenirs, d’anecdotes au sujet de grands hommes tels que  Marcel Pagnol ou Claude Simon. Comme le sous-titre le laisse deviner, l’auteur nous ouvre une fenêtre sur les rencontres qui ont jalonné sa vie, et certainement ont eu une incidence conséquente sur celle-ci.

Marcel Séguier y évoque aussi, notamment, ses difficultés à se faire publier en tant qu’auteur,  et nous livre à mots couverts une critique du monde de l’édition.
Ainsi, il rapporte que Claude Simon lui écrivit « l’édition française est aujourd’hui presque entièrement entre les mains d’énormes puissances financières comme X… ou Y… qui se soucient assez peu (ou plutôt pas du tout) de la littérature, et cela va même va aller de pire en pire […] Je suis heureux d’avoir quatre-vingt-cinq ans ».  Force est de constater que cet état de fait est toujours valable de nos jours, et plus que jamais. Ce qui est publié est ce qui fait recette, point à la ligne.  Heureusement, la publication même de ce livre, Le vent les a ôtés, Rencontres, vient prouver que ce triste constat n’empêche pas que des auteurs de talent puissent avoir une chance d’être connus, puisque malgré tout Monsieur Séguier a pu acquérir une certaine notoriété.

Ici, l’écriture de l’auteur est raffinée, très  travaillée, très littéraire, à tel point que le livre pourrait servir de modèle sur l’art de manier la langue française, je trouve.
Ce qui m’a frappée chez cet auteur, c’est son humilité à toute épreuve. Il possède des qualités d’écriture évidentes, sans jamais se mettre sur un pied d’égalité avec ses contemporains écrivains. Il se positionne en tant que spectateur ; en tant qu’ami de ces grands hommes qu’il a côtoyés et fréquentés, sans oser se mêler vraiment à leurs petits cercles d’initiés. Peut-être est-ce en raison de ses origines modestes : malheureusement, qui dit milieux intellectuels dit souvent aisance financière (voire snobisme ou élitisme), bien qu’il  ne semble pas s’en rendre compte, ou en tous cas ne s’en plaint jamais.

J’ai apprécié cette lecture par amour des mots, amour des belles phrases tout simplement ; et aussi pour son intérêt historique – Marcel Séguier nous offre un témoignage sur une époque révolue, que pour la majorité d’entre nous, nous n’avons pas connue. Je recommanderais ce livre à toute personne désireuse de découvrir le style de cet auteur, ou aux lecteurs curieux d’en savoir davantage sur les sphères littéraires !


Le Carnaval aux Corbeaux d’Anthelme Hauchecorne

En 2016, Le carnaval aux corbeaux a été ma friandise d’Halloween. Il faut dire qu’Halloween, c’est ma fête préférée, alors lire un bon livre le 31 octobre est primordial pour moi.  C’est à chaque fois une vraie mission de dénicher LE livre qui collera le mieux avec l’ambiance à la fois festive et inquiétante de Samhain. Ce livre possède à cet égard un atout de taille : une superbe couverture arborant des corbeaux noirs  ainsi que des citrouilles (qui semblent avoir figure humaine, et du coup nous mettent un peu la pétoche). Et son charme ne s’arrête pas à la couverture, loin de là ; puisque l’histoire est tout aussi étrange, et plutôt sombre : mystérieuse à souhait.

Après m’être totalement jetée sur ce livre, je n’ai pas été déçue, puisque j’ai beaucoup aimé les personnages, notamment Ludwig, le personnage principal, dont j’ai suivi les aventures avec grand plaisir (ainsi que celles de son meilleur ami, dont j’ai oublié le nom). J’ai adoré l’ambiance de Rabenheim, un village isolé et un peu fantasmagorique. Même les personnages secondaires étaient très soignés. La promesse de l’éclaircissement de certains mystères dans la vie du personnage principal a largement suffi à me tenir en haleine, à me donner envie de tourner les pages et d’avancer dans ma lecture le plus vite possible !

L’Abracadabrantesque Carnaval, celui qui au début de l’histoire doit s’installer prochainement, dont on ne sait rien mais qui est source de toutes les angoisses, cette menace pesant sur les épaules de Ludwig, m’a paru être un personnage à lui seul (avant même qu’on ne fasse connaissance avec les individus qui le peuplent, je veux dire).  C’est un élément qui de mon point de vue est très positif aussi.

Je dois quand même préciser que j’ai mis du temps à lire ce livre (peut-être 4 ou 5 jours) parce qu’il nécessite une réelle immersion ; d’ailleurs il me laisse un souvenir très fort même des mois après l’avoir refermé.

En bref, ce livre est un petit bijou : l’écriture de l’auteur est unique, poétique, vraiment intéressante à découvrir. Et les illustrations qui agrémentent le texte sont superbes, ce qui ne gâche rien. A marier avec un visionnage du film Trick’r’Treat, et vous passerez un 31 octobre de rêve !


Le Mystère des Ghénas d’Amélie Haurhay

Couverture douce et colorée, personnages désireux d’explorer le monde qui les entoure, secrets à dévoiler… Le mystère des Ghénas a tout pour séduire le lecteur curieux. En le découvrant, j’ai eu tout de suite envie de le lire, et c’est chose faite grâce à un partenariat avec les éditions Librinova, que je tiens à remercier chaudement une fois encore !

Ce qui m’a frappée, et qui est un point très positif à mes yeux, c’est que sur de nombreux points,  Le mystère des Ghénas ressemble énormément aux contes de notre enfance. Les noms des personnages, d’abord, nous donnent l’impression qu’il ne s’agit pas de personnes réelles mais plutôt d’archétypes : Azur, Brise, Soleil couchant, etc. Comme souvent dans les contes de fées, les personnages vivent dans un monde qui leur est propre. Ici, ils sont véritablement en autarcie, et sans interaction d’aucune sorte avec le reste du monde. Les Ghénas sont repliés sur eux-mêmes, ne voient personne à part les membres de leur village, ils vivent en vase clos.

Et, particularité qui peut sembler pour le moins surnaturelle, ils ne parlent pas. Ils ne sont dotés d’aucun langage, et ils ne sont pas les seuls dans ce cas, puisque même les animaux aux alentours sont muets. Les chiens n’aboient pas, les oiseaux ne gazouillent pas. Azur, qui est le personnage principal, a toujours vécu dans ce contexte. Elle est un personnage très attachant car elle est intelligente, gentille mais elle ne se laisse pas faire.
Elle n’est pas du genre à subir sans se poser de questions. Au début du récit, elle fait la connaissance d’un jeune garçon qui vit à proximité (mais qu’elle n’avait jamais rencontré auparavant) en la personne d’ Oraé. Tous deux sympathisent, elle prendra conscience de sa condition et apprendra de nouvelles choses, de nouveaux mots. La relation entre les deux personnages est très touchante, ils apprennent à se découvrir peu à peu et en même temps qu’ils s’ouvrent à l’autre, ils semblent en apprendre davantage sur eux-mêmes.

Le centre de l’histoire, c’est la tentative de compréhension du mode de vie des Ghénas. Azur et Oraé vont assez vite se demander  comment il est possible que les choses soient ainsi. Comment peut-on vivre sans interactions avec le monde extérieur ? Comment peut-on se comprendre sans langage ? Ça ne paraît pas très naturel après tout.

Quand j’ai découvert ce titre, je pensais que ce serait une histoire plus noire, que des secrets dissimulés pourraient inquiéter ou que des explications très complexes pourraient finalement surgir. Mais rien de tout cela. Le texte se lit facilement, les dialogues sont simples, l’ensemble du récit  rappelle comme je le disais plus haut les contextes de contes de fées. C’est une lecture douce, assez jeunesse, que j’ ai vraiment appréciée même si elle était un peu différente de ce à quoi je m’attendais.

Pour de jeunes lecteurs, c’est une belle histoire qui soulève entre autres la question du respect, et aussi parle de relations humaines, d’amour ; et des conséquences de nos actes. De belles thématiques pour faire réfléchir et s’évader un peu. Je recommanderais ce livre à tous ceux qui aiment les récits jeunesse.


Les aventures d’Augie March de Saul Bellow

Saul Bellow, en toute sincérité, c’est un auteur dont je n’avais jamais entendu parler avant de me proposer pour ce partenariat. Mais après avoir consulté la liste de ses œuvres, j’étais tout de suite intriguée. J’ai eu la chance de recevoir ce livre en partenariat avec les éditions Folio, que je tiens à remercier chaudement encore une fois!

Je pensais méconnaître les romans d’apprentissage, à vrai dire. Et puis en me documentant un peu, je me rends compte que j’en ai lus quand même quelques-uns : de L’éducation sentimentale de Flaubert, à De grandes espérances de Dickens, en passant par Candide de Voltaire, sans oublier Le Rouge et le noir de Stendhal, Le père Goriot de Balzac, Bel- Ami, Une vie de Maupassant, et même Ne tirez pas sur l’ oiseau moqueur d’ Harper Lee Il faut dire que c’est un genre qui m’attire beaucoup. Quoi de plus passionnant que de suivre l’évolution d’un personnage depuis son enfance jusqu’à sa maturité ; le voir grandir, faire des rencontres, apprendre et évoluer, tel une vraie personne de chair et de sang, je vous le demande ?

C’est donc avec beaucoup de curiosité que je me suis plongée dans Les aventures d’Augie March, avec l’impatience de faire connaissance avec le personnage principal, et d’en apprendre davantage sur sa naissance, sur son enfance pour commencer. Mais très rapidement, je suis restée perplexe devant cette histoire. Le récit laisse une impression d’histoire impersonnelle, c’est inhabituel. On a le sentiment d’assister à un compte-rendu clinique, scientifique, peut-être se voulant exhaustif. C’est assez déstabilisant. Le texte contient énormément d’informations, tellement que les récits et les descriptions semblent viser le contenu encyclopédique – du moins en ce qui concerne l’entourage direct d’Augie March.

Si le texte de ce roman dégage un sentiment d’ étrangeté, je crois que cela vient du fait que, malgré le fait que le narrateur soit le personnage éponyme, et qu’il fasse lui-même le récit de sa vie, on ne trouve pas de récits de souvenirs tels qu’on y est habitués, c’est-à-dire étroitement liés à des émotions. Au lieu de s’attarder sur Augie, les anecdotes ont tendance à évoquer une myriade de personnages secondaires, et à entrer dans des détails sans fin. Tout cela est très perturbant pour le lecteur, qui, en ayant beau chercher ses repères habituels, ne parvient pas à les trouver.

On découvre les vicissitudes de l’existence d’Augie, on l’accompagne dans ses joies comme dans ses déconvenues. Le récit se déroule comme si quelqu’un vous racontait ce qu’il a vécu, l’étendue de ses péréginations, avec à peu près la même distance ; à la différence que les réflexions quasi – philosophiques sont nombreuses ; sur autrui, sur l’idée de vocation, sur l’amour, etc. Je me suis longtemps demandé dans quelle direction l’auteur nous emmenait, et puis le livre refermé je ne suis pas sûre d’avoir tout saisi à la conclusion non plus. Finalement c’est comme dans la vraie vie, les éléments sont pléthore mais à chacun de les interpréter et de leur trouver un sens.

On a suivi Augie pendant sa jeunesse, on l’a vu écarter certains choix de carrières, ou repousser des opportunités qui s’offraient à lui. Il ne défend pas une vocation en particulier, mais il agit en tous cas comme s’il désirait garder autant de voies libres que possible. Il apprécie le confort s’il lui est offert, mais il ne vend ni sa personne ni son temps pour satisfaire sa vanité.
En tant que jeune homme, il choisit de rester indépendant face à un couple qui proposait gîte et protection. En tant qu’homme en âge de se marier et de fonder une famille, le moins qu’on puisse dire est qu’il ne se laisse pas enchaîner par le premier joli minois qui passe ( ni par les jolies dots non plus, par ailleurs).

Il n’est pas question de regrets, même au sujet d’épisodes étranges impliquant un aigle et des serpents. Comme dans la réalité, la vie d’Augie ne semble pas répondre à une logique particulière. La succession d’évènements peut sembler aléatoire.

Ce roman reste pour moi assez opaque. On a suivi les errances professionnelles d’Augie, sa relation avec Théa puis avec Stella ; on a suivi aussi la relation de Simon et Charlotte, mais on ne saisit pas bien ce qui lie ces différents éléments entre eux. Ce roman ne comptera pas parmi mes préférés, mais j’ai apprécié ma lecture, et l’originalité de l’écriture m’a donné envie de lire d’autres livres de l’auteur, comme Herzog par exemple. Ce livre est unique et ne ressemble à aucun autre, ce qui à mon sens a le mérite d’être souligné.

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