[Bradbury Ray] Fahrenheit 451

 
  • Maisys

    Lecteur en pantoufles

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    #1 05 Mai 2015 18:22:44

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    Fiche BiblioMania

    Résumé : 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme ou se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considéré comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Le pompier Montag se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

    Mon avis :

    J'attendais avec impatience de lire ce chef-d'oeuvre de la littérature dystopique, depuis ma lecture de 1984 de George Orwell que j'avais complètement adoré, et bien j'en ressors très déçue. Et en relisant le résumé après avoir fini ma lecture, je me rends compte qu'en fait, tout est raconté dans celui-ci. Je m'attendais à plus d'action, plus d’événements et j'ai attendu, attendu et encore attendu que quelque chose se passe... Mais rien. Parmi les 236 pages du livre, il doit y en avoir une cinquantaine qui ont été intéressantes et/ou surprenantes.

    Et tout est long, les descriptions interminables sur plusieurs pages, la présentation des personnages... Le seul "personnage" qui m'a fasciné, c'est le Limier. Et ce n'est même pas un personnage à proprement parler mais une grosse bêbête métallique qui ressemble à une araignée ! Alors oui, j'ai compris que le but de l'écriture de ce livre, c'était justement de faire paraître un monde lent, monotone, sans bonheur, mais même Clarisse & Montag, qui représentent les deux personnages pro-livres, ne font passer aucune émotion. Je ne me suis pas attachée à ces personnages qui sont pourtant les héros de l'histoire.

    Point positif, quand même, quelques passages m'ont fait froid dans le dos. La femme de Montag qui ne se rend compte de rien et qui dit "Et alors ? Tant pis pour cette femme si elle est morte, elle n'avait qu'à pas détenir des livres ! Et puis elle est morte maintenant, pourquoi est-ce qu'on en parle encore ?", les paris des pompiers sur quel animal va mourir en premier face au Limier, & certains autres qui vous révéleraient le dénouement de l'histoire donc je ne vais pas les citer, si jamais vous décidez de le lire.

    Pour finir, je dirais simplement que si vous aimez vraiment les livres où on trouve beaucoup de descriptions, où tout est tourné vers l'ambiance de l'histoire, et peu sur le développement des personnages, foncez ! Ce livre est pour vous.

    EN BREF : Je n'ai malheureusement pas accroché. Peut-être que j'en attendais trop...
  • Anassete

    Bibliophile

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    #2 05 Mai 2015 18:39:48

    Le roman ne m'a pas transcendée non plus sur la forme, mais son fond est un véritable joyau. C’est écrit sur un mode qui mêle à la fois le journal et les réflexions intérieures et ce côté fragmentaire a eu tendance à me faire sortir de l'histoire par moment.
    Par contre, je ne suis pas d'accord sur ce que tu dis :

    [...] si vous aimez vraiment les livres où on trouve beaucoup de descriptions, où tout est tourné vers l'ambiance de l'histoire, et peu sur le développement des personnages, foncez ! Ce livre est pour vous.


    Le personnage de Montag évolue énormément : on a accès qu'à sa vision des choses et son développement personnel est très lié à l'intrigue. En plus d'une révélation sur le mode de fonctionnement de sa société, c’est une crise existentielle qu'il vit quand même ! Montag est clairement différent du début : il doute, il réfléchit, il pense, il remet en cause tout ce qu'on lui a appris ! Après, le côté fragmenté dont je parlais au début bloque un peu l'empathie qu'on peut avoir pour lui, comparé à d'autres romans actuels.

    Et il y a quand même le final qui n'est pas dévoilé dans la quatrième, heureusement ! :P

  • Mortuum

    Insomniaque des livres

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    #3 05 Mai 2015 19:09:05

    Je n'aime pas du tout le style de Ray Bradbury et j'ai trouvé le roman chiant, mais par contre, j'admet que l'auteur à réussi à mettre en place des idées très puissantes!
    Voici des citations tirés du roman que je trouve énorme et tellement vrai!

    Spoiler (Cliquez pour afficher)

    "Et parce que c’étaient des phénomènes de masse, ils se sont simplifiés, poursuivit Beatty. Autrefois les livres n’intéressaient que quelques personnes ici et là, un peu partout. Ils pouvaient se permettre d’être différents. Le monde était vaste. Mais le voilà qui se remplit d’yeux, de coudes, de bouches. Et la population de doubler, tripler, quadrupler. Le cinéma et la radio, les magazines, les livres se sont nivelés par le bas, normalisés en une vaste soupe."

    " La scolarité est écourtée, la discipline se relâche, la philosophie, l’histoire, les langues sont abandonnées, l’anglais et l’orthographe de plus en plus négligés, et finalement presque ignorés. On vit dans l’immédiat, seul le travail compte, le plaisir c’est pour après. Pourquoi apprendre quoi que ce soit quand il suffit d’appuyer sur des boutons, de faire fonctionner des commutateurs, de serrer des vis et des écrous ?"

    "Le système scolaire produisant de plus en plus de coureurs, sauteurs, pilotes de course, bricoleurs, escamoteurs, aviateurs, nageurs, au lieu de chercheurs, de critiques, de savants, de créateurs, le mot “intellectuel” est, bien entendu, devenu l’injure qu’il méritait d’être."

    "Conclusion ! Un livre est un fusil chargé dans la maison d’à côté. Brûlons-le. Déchargeons l’arme. Battons en brèche l’esprit humain. Qui sait qui pourrait être la cible de l’homme cultivé ? […] les pompiers à l’ancienne sont devenus obsolètes. Ils se sont vu assigner une tâche nouvelle, la protection de la paix de l’esprit ; ils sont devenus le centre de notre crainte aussi compréhensible que légitime d’être inférieur : censeurs, juges et bourreaux officiels."

    " Du temps libre, oui. Mais du temps pour réfléchir ? Si vous ne conduisez pas à cent cinquante à l’heure, une vitesse à laquelle vous ne pouvez penser à rien d’autre qu’au danger, vous jouez à je ne sais quoi ou restez assis dans une pièce où il vous est impossible de discuter avec les quatre murs du téléviseur. Pourquoi ? Le téléviseur est “réel”. Il est là, il a de la dimension. Il vous dit quoi penser, vous le hurle à la figure. Il doit avoir raison, tant il paraît avoir raison. Il vous précipite si vite vers ses propres conclusions que votre esprit n’a pas le temps de se récrier : “Quelle idiotie !"



    Du coup, même si je n'ai pas aimé, je comprends qu'on le considère comme un classique SF à lire.

    Je suis d'accord avec Anassette, Montag évolue énormément. Par contre, les autres personnages m'ont laissée de marbre!

    Dernière modification par Mortuum (05 Mai 2015 19:10:59)

  • Maisys

    Lecteur en pantoufles

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    #4 05 Mai 2015 19:35:35

    Et bien, je ne sais pas pour Montag... Dès le début, il m'a paru "différent" des autres puisqu'il parle à Clarisse et qu'il se pose beaucoup de questions par rapport à cette fille. Donc pour moi, je n'ai pas réellement vu d'évolution au fil du roman. J'aurais peut-être aimé voir un flash-back de Montag, prenant du plaisir à brûler des livres plusieurs fois, développer cet aspect là plus en profondeur, pour voir ensuite qu'il avait réellement évolué.

    Je viens de penser que j'aurais pu mettre les quelques scènes en question que j'ai vraiment apprécié en spoilers donc... ;)

    Spoiler (Cliquez pour afficher)

    - Tout le début du roman, lorsque Clarisse était présente. D'après moi, elle était la petite lumière du livre. Même si je n'étais pas réellement attachée à ce personnage, je pense qu'on aurait pu le développer plus en profondeur, la garder en vie un peu plus longtemps... En tous cas, j'ai été déçue de sa mort.
    - La scène où Montag brûle à vif le capitaine des pompiers. Ouch ! J'ai eu mal pour lui.
    - La course poursuite entre Montag & la vilaine bêbête en métal à travers la ville, & surtout (mais je m'y attendais, dommage !) le fait que les dirigeants de la ville fassent croire à la mort de Montag alors qu'ils tuent un homme totalement innocent au final.
    - Les quelques scènes entre Montag & sa femme, lorsqu'il essaie de lui faire comprendre l'importance des livres, lorsqu'il veut la forcer à s'intéresser à quelque chose d'autre que ses écrans au mur ou ses discussions sans intérêt.

  • Dysto

    Useur de marque-pages

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    #5 06 Mai 2015 15:26:15

    Je me souviens plus exactement de ce bouquin car je l'ai lu y'a un petit moment mais j'ai beaucoup aimé. La plume de Bradbury est tellement exceptionnelle, je lis beaucoup de ces livres et il a un réel talent. Concernant Fahrenheit 451 j'ai beaucoup aimé l'atmosphère et puis ce livre nous rappelle vraiment que le livre peut être une arme, la preuve on la détruit dans cette histoire.

    Vu que tu as lu 1984 et Fahrenheit 451, pour compléter ta liste des grands classiques dystopiques je te conseille Le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley.
  • Ave

    Lecteur fou

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    #6 06 Mai 2015 23:58:49

    Je me souviens que j'ai eu envie de lire ce bouquin au collège parce qu'en français, on avait lu un extrait où ça parlait de brûler des livres.
    Du coup, c'est un des premiers livres que j'ai achetés et de tout le roman, c'est toujours cet extrait qui me revient en tete. Je suis incapable de me rappeler de l'histoire ou de la fin mais ce passage-là m'a marquée :ptdr:
  • Maisys

    Lecteur en pantoufles

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    #7 07 Mai 2015 01:45:09

    On m'a parlé du Meilleur des Mondes également mais du coup ma lecture de Fahrenheit 451 m'a un peu freinée pour les classiques dystopiques... A voir peut-être un peu plus tard !
  • LireauxWC

    Néophyte de la lecture

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    #8 07 Mai 2015 16:01:42

    Il n'est pas très long, donc ce n'est pas un gros calvaire ;)
    En revanche, j'ai adoré l'ambiance : le fait que ça se passe la nuit, ces feux que tout le monde regarde par derrière ses rideaux. Je trouve que le roman est très visuel. En revanche, je n'ai pas vu l'adaptation de Truffaut, j'ai peur d'être déçue.
    Le personnage de Montag me paraît un peu simpliste, dans son rôle de mec qui commence à réfléchir, son évolution a été trop rapide pour moi.

    Et la femme de Montag, si flippante, dans son rôle de nana qui veut s'immerger dans la télé en acquérant un troisième mur... Elle m'a beaucoup rappelé un roman de Hubert Selby Jr., retour à Brooklyn (adapté au cinéma : le sublime Requiem for a Dream), où une dame d'un certain âge a été contactée pour participer à une émission TV, sa passion, son évasion, tant et si bien que son esprit finit par s'évader définitivement)....

    Je suis d'accord avec Anassette, le fond du bouquin est vraiment puissant.
  • Dysto

    Useur de marque-pages

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    #9 13 Mai 2015 15:23:26

    Pour ceux qui ont lus le bouquin je vous invite à écouter cette chanson :
    Même si le style ne vous plaira peut-être pas vous reconnaîtrez forcément de nombreux éléments de votre lecture vu que le texte est basé sur cette oeuvre de Bradbury ;)

    Dernière modification par Dysto (13 Mai 2015 15:23:40)

  • Virginia87

    Consommateur de phrases

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    #10 22 Mai 2015 21:35:00

    Je suis sciée de voir autant de critiques négatives.
    J'ai lu pour la première fois ce roman vers 14-15 ans et c'est lui qui m'a donné le goût de la science-fiction.
    Alors certes on est pas dans les dystopies pour ados avec moult rebondissements, drames et amours impossibles mais le message que l'auteur nous fait passer, avec succès, vaut bien ces 236 pages. Personnellement le style de l'auteur ne m'a pas dérangé et je l'ai même apprécié.

    Petit message à ceux qui ne l'ont pas (encore) lu : essayez le, donnez lui une chance! ;)