#512 11 Mars 2021 10:08:16
Bonjour à tous,
@Kyra et Stellade : A vrai dire, ce personnage, c'est celui que je trouve le plus franc et aussi le plus "réaliste" : elle me fait un peu penser à mon arrière-grand-mère, mon père me dit souvent que toute maternelle qu'elle était envers ses petits-enfants, elle ne faisait pas dans la dentelle pour autant. On se préoccupait moins de la sensibilité des enfants et tuer un lapin ou une portée de chatons devant un bambin de 4-5 ans ne posait aucun souci :lol: Je ne l'ai pas connu à la ferme, mes grands-parents avait déménagé, je n'en ai que le souvenir d'une mamie dans son fauteuil à me raconter des histoires et à écouter les miennes :pink: le tout avant qu'Alzheimer ne nous l'enlève.
Pour en revenir à Pélagie, c'est une femme des années 40 avec une charge de travail considérable : la ferme, sa famille (le linge, la gestion des repas, la gestion du stock (surtout en temps de guerre) : conserves, pâtés, beurre, conservation du lait etc..., le ménage, et j'en passe) On oublie l'électroménager d'aujourd'hui, et encore, les Mousnier ont l'électricité. Tout est fait ou presque à la main. Béatrice n'est plus là pour l'aider et Patrick aide son père sur les travaux plus physiques. Alors ce petit Grégoire, aussi attachant soit-il, n'est à ses yeux je pense, qu'une charge/un tracas en plus. Un enfant qui malheureusement ne lui apporte pas 2 bras supplémentaires pour la soulager comme peuvent le faire ses ainés. Et en 1940, on en savait bien moins qu'aujourd'hui sur les handicaps mentaux. Je crois sincèrement qu'elle n'a simplement pas de temps à accorder à Grégoire. Et encore, elle évolue sur ce point, vous verrez.
Au-delà de tout ça, elle reste fidèle à elle-même du début à la fin du roman. Elle dit ce qu'elle pense, elle fait ce qu'elle peut, elle a ses blessures, et c'est ce qui la rend plus attachante qu'une Marie (beaucoup trop bien-pensante et prompte à juger les autres) ou qu'une Béatrice à mes yeux.
Je reviens par ici pour vous dire que j'ai donc terminé Abigaël de Marie-Bernadette Dupuy. J'ai beaucoup aimé cette histoire. Alors quelques petits bémols, certes, notamment un peu de lenteur vers le milieu du tome, mais ça repart assez vite et, sincèrement, vous tournez les pages sans vous en rendre compte. L'autre point c'est l'omniprésence de la religion. Abigaël communique avec l'au-delà, et c'est cohérent avec son personnage mais les prières à répétition, je m'en serais passé.
Au-delà des personnages, certains attachants, d'autres carrément antipathiques, ce que je retiens le plus c'est cette immersion dans cette France occupée. L'autrice réussit à poser une ambiance très oppressante, on en vient, en tant que lecteur, à se méfier de tout le monde : qui est collabo, qui est résistant, qui n'est ni l'un ni l'autre ? Ce qui est sûr c'est que chacun survit comme il peut. On sursaute dès que quelqu'un toque à la porte, on espère que les personnages ne vont pas trop souffrir...
Quant à l'histoire, on amorce plusieurs choses dans ce premier tome, j'ai accroché, je lirai la suite c'est certain !
J'ai également terminé Pas celle que tu crois de Mhairi Mc Farlane et je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit dans mon message précédent, si ce n'est que la fin m'a surprise.
J'avais envie de rester dans les années 40, j'ai commencé Today we live d'Emmanuelle Pirotte. Je n'en ai pas assez lu pour avoir une opinion mais ça démarre bien. C'est un roman très court, j'espère le terminer ce week-end.
Et je lis en ebook le tome 2 des Wild Crows de Blandine P. Martin, j'en ai lu 1/3 et je me régale (enfin je souffre avec les personnages mais je suis ravie de les retrouver).
Là-dessus, je vous souhaite une bonne fin de semaine (sous la pluie :pleur:)
:bisous: