[Verdon, John] 658

 
    • Shamash

      Néophyte de la lecture

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      #1 14 Juin 2011 09:32:02

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      David Gurney est un ex-flic de 47 ans, jeune retraité, qui vit avec sa femme Madeleine à la campagne, loin de New York où il exerçait son travail. Sa réputation de chasseur de serial killers, intuitif et à l’esprit extraordinairement logique, a largement dépassée les frontières de l’état de New York, et c’est tout naturellement qu’un de ses anciens copain d’université s’adresse à lui quand un inconnu lui envoie des poèmes inquiétants et étranges, menaçant en même temps de révéler des aspects de sa vie passée qu’il préfèrerait oublier.

      Presque malgré lui, et surtout malgré sa femme Madeleine qui souhaiterait partager avec lui autre chose que des enquêtes, Gurney est embringué dans une histoire qui va le mener bien loin de sa vie tranquille de retraité.

      Ce livre, le premier de son auteur, est une vraie réussite. Son côté le plus impressionnant repose sur l’intensité et la crédibilité que l’auteur parvient à donner à ses différents personnages, mêmes les secondaires. Je rappelle ce que disait Nicolas Sker ( auteur du roman le premier crâne ) dans son entretien publié sur un polar, à propos des thrillers : « tu mets le doigt sur la plus grande difficulté du thriller selon moi. Faire exister des personnages quand l’intrigue est si forte. Dans ce genre de roman, les personnages sont dans une urgence et l’histoire a tendance à les écraser. Il est donc très difficile de prendre du temps pour leur donner une épaisseur psychologique totalement satisfaisante. La plupart des auteurs font le choix de la caricature.».

      Or chez John Verdon, la réussite est à cet égard totale ; ses personnages sont à l’opposé des caricatures que l’on peut trouver (par exemple) chez l’auteur de thrillers le plus populaire au monde : James Patterson. Le héros de 658 est saisi dans toute la complexité de sa vie conjugale, dans toutes ses difficultés psychologiques liées à la mort de son fils quelques années plus tôt, dans toutes ses interrogations sur les différentes pistes possibles dans la recherche du tueur, des rapports qu’il établit avec ses collègues et des liens qu’il tisse avec eux. Et la plupart des personnages secondaires sont traités de la même façon, avec une telle maîtrise, que chacun d’eux va rester dans notre mémoire une fois le livre refermé.

      Le risque, comme le souligne Nicolas Sker, était que tout cela ne se fasse au détriment du suspense. Ici, au contraire, la richesse de l’écriture de l’auteur permet un suspense accru, car il s’étend tout à la fois de la dimensions psychologique jusqu’à celle de l’intrigue policière et des rebondissements attendus normalement à la fin de tout bon thriller. Et les questions que se pose le lecteur portent aussi bien sur les motivations du tueur, sur les procédés qu’il utilise pour parvenir à berner la police, que sur le fait de savoir si David et Madeleine vont enfin réussir à se rapprocher, à se comprendre, à tisser de nouveaux liens.

      Ainsi l’auteur, en nous faisant pénétrer avec talent dans l’univers de ses personnages, augmente la crédibilité de son récit et l’intérêt que nous pouvons porter à son histoire, élargissant du même coup le champ habituel des thrillers « ordinaires ».

      « Comme s’il appuyait sur une plaie enflammée pour juger du degré d’infection, il se força à remplacer « l’accident » par les mots précis qui lui étaient si pénibles :
      la mort de notre fils de quatre ans.
      Ces mots, il les prononçait toujours tout bas, pour lui-même, guère plus qu’un murmure. A ses propres oreilles, sa voix rendait un son éraillé et creux, comme si elle appartenait à quelqu’un d’autre.
      Il ne pouvait pas supporter les pensées et les émotions qui accompagnaient ces mots, et il tenta de les chasser en sautant sur la première diversion à portée de main.
      Se raclant la gorge, puis se détournant de la porte vitrée pour regarder Madeleine à l’autre bout de la pièce, il dit avec un enthousiasme exagéré :
      — Et si on s’occupait du tracteur avant qu’il fasse nuit ? »


      Mais outre le suspense psychologique, le suspense lié à la recherche du serial killer se conjugue à une intrigue policière brillante, pour laquelle John Verdon donne une solution aussi élégante qu’inattendue : le tueur prévient ses victimes en leur envoyant une série de poèmes troublants et inquiétants. Il les connait, leur dit-il, et il sait ce qu’ils pensent, mieux qu’ils ne le savent eux-mêmes. Pour les convaincre, il leur envoie une lettre dans laquelle il leur demande de penser à un nombre. L’ami d’enfance de David Gurney, d’abord dubitatif, avait pensé au nombre 658 (le titre du livre) d’une façon aléatoire, un nombre qui n’avait aucun rapport avec sa vie passée.

      Bien sûr le tueur devine le nombre. Mieux, il pratique de la même façon avec ses autres victimes, avec la même réussite. Comment s’y prend-il, sachant que l’explication n’est pas liée au fantastique ou à la parapsychologie mais qu’elle est totalement rationnelle ? J’avoue m’être laissé piéger !

      Arriverez-vous à deviner le mécanisme mis en place par le tueur ? C’est un des enjeux amusants de ce roman, même si ce n’est pas le principal, car encore une fois, les qualités narratives de l’auteur et son écriture suffisent largement au plaisir du lecteur.
      Un très grand roman, donc, qui navigue entre thriller, suspense psychologique et intrigue policière classique.
      Un nouvel auteur, John Verdon,  dont il faut retenir le nom :  j’attends son prochain roman avec impatience !

      658, de John Verdon
      Grasset
      Juin 2011
      20,90 €


        Présentation de l'éditeur

      Ancien alcoolique reconverti en gourou pour milliardaires dépressifs dans une clinique très privée, Mark Mellery reçoit un jour une lettre anonyme, lui demandant de se prêter à un petit jeu d'esprit à première vue inoffensif... Mais l'énigme ne tarde pas à prendre une tournure sanglante et terrifiante.

      Appelé à résoudre une enquête en apparence insoluble, semée d'embûches et d'indices trop flagrants pour être honnêtes, le légendaire inspecteur David Gurney, jeune retraité du NYPD bientôt rattrapé par les démons de l'investigation, se lance aux trousses d'un meurtrier aussi inventif que machiavélique.
    • Flo Tousleslivres

      Les doigts collés au papier

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      #2 14 Juin 2011 11:34:05

      658, le chiffre donne une vision supplémentaire à l'intrigue. Il ne correspond à rien pour les héros et le lecteur. Je me suis prise au jeux de l'enquête, j'ai résolut une énigme mais pour les autres... Cette lecture laisse l'imagination travailler et m'a donné des sensations que j'ai vraiment beaucoup aimé, il est intelligent et surtout redoutable.
      Je me suis laissée bluffée dès les premières lignes, j'espère que John Verdon nous fera la joie de continuer, ce premier opus est une totale réussite !!! Un très bon thriller !!!
    • fée-tish

      Parent d une bébé PAL

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      #3 14 Juin 2011 20:01:50

      Malheureusement, je n'ai pas été convaincue par cette lecture... Je dirais même plus que j'ai été déçue ! Un rythme que j'ai trouvé trop lent et des personnages auxquels je n'ai pas accroché. Néanmoins, une intrigue vraiment intéressante.
    • Mathilde

      Lecteur initié

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      #4 14 Juin 2011 20:35:43

      le livre se compose de 3 parties, la première pose le décor, l'histoire, on découvre le personnage principal Dave Gurney, policier à la retraite...
      Cette première partie, je l'ai trouvé un peu longue, tout les détails à mon avis n'étaient pas nécessaires.
      La deuxième partie nous plonge dans l'enquête, on suit pas à pas l'avancée, tout les détails y sont, j'imaginais bien les scènes comme dans un film.
      Aussi, j'ai vraiment accroché à l'enquête vraiment troublante, tout le long du livre on se demande "Mais qui c'est le meurtrier ??" car la mise en scène du tueur est vraiment tordue et l'intrigue est bien menée.
      Et la troisième partie nous emmène au dénouement, mais ce n'est pas la partie que j'ai préféré. Pareil, il y a des longueurs, parfois j'avais même envie de sauter quelques pages.

      Sinon, j'ai bien aimé l'histoire... Mais ce livre n'est pas très palpitant, je m'attendais à plus de rebondissements.
      Pourtant les découvertes s'enchainent mais je sais pas, je trouve qu'il manquait quelques chose.
      Par contre, jamais je me suis doutée de l'identité de l'assassin, c'est la seule raison qui m'a poussé à continuer ma lecture, j'avais quand même hâte de savoir le fin mot de cette histoire.

      Quand aux personnages, pas d'attachement particulier pour moi, sauf peut-être la femme de Dave Gurney délaissée par son mari.

      En bref, j'ai aimé sans trop aimé...
    • Stephie

      Rat de librairie

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      #5 14 Juin 2011 20:46:12

      Je l'ai trouvé assez mou même s'il a des qualités évidentes.
    • Aniouchka

      Lecteur en pantoufles

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      #6 29 Août 2012 13:29:54

      J'ai beaucoup aimé ce premier roman. C'est vrai qu'il est plutôt lent par rapport à d'autres thriller, mais le rythme ne m'a pas vraiment gênée. J'ai beaucoup aimé l'intrigue qui se déploie lentement et ne se résout qu'à la toute fin du livre. Mais j'ai surtout apprécié la profondeur du personnage principal, avec ses doutes et ses obsessions. C'est le genre de personnage bien travaillé qui me convainc assez et que j'apprécie.
    • seriephile

      Lecteur averti

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      #7 29 Août 2012 23:47:11

      Pas lu, alors je me le note!
    • Tchoups

      Improvisateur de marque-pages

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      #8 30 Août 2012 11:04:20

      Il est dans ma PAL et il me tarde de le lire !