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[Chanson douce - Mars 2017] Général

  • Nathalie

    Livraddict Team

    Hors ligne

    #1 29 Mars 2017 18:05:23

    =>  Vos impressions générales et vos notes sur 10 !

    Ce mois-ci, nous n'avons pas de questions pour lancer la discussion. N'hésitez pas à donner votre avis, mais aussi à réagir à ceux des autres participants et à leur poser des questions !  Le but du Book Club est d'avoir une discussion interactive  :)
  • Vinushka

    Passionné du papier

    Hors ligne

    #2 29 Mars 2017 18:08:30

    J’ai lu ce livre en décembre donc je m’excuse par avance si mes souvenirs ne sont plus tout frais. J’avais quand même pris quelques notes ! Mon avis était plutôt mitigé. Ce n’est pas que je n’ai pas aimé ma lecture, mais beaucoup de choses m’ont dérangée, et en premier lieu la distance du récit. Le livre commence par une phrase choc, je ne sais pas si c’est un spoiler :

    Spoiler (Cliquez pour afficher)

    Le bébé est mort.



    Alors moi, je m’attendais à un certain type de roman : le roman coup de poing, celui dont on se dit qu’il est poignant, qu’il nous retourne les tripes… et avec moi, ça l’a pas fait. Je serais curieuse de savoir si certains d’entre vous le qualifient de poignant. ??

    Bref, j’ai vite fait le deuil de cette attente, et je me suis dit que c’est un parti pris de l’auteure. Cette distance m’a donné l’impression d’être spectatrice d’un fait divers, et même si l’on côtoie l’intimité de cette famille… je les ai tous trouvés peu appréciables, y compris les enfants ! Je pense que le personnage qui a suscité le plus d’empathie en moi est Louise (ensuite Myriam, mais j’y reviendrais peut-être dans le topic « personnage »)

    Parlons-en de Louise. L’idée de ce personnage était très bonne, mais j’ai l’impression qu’il n’est pas exploité jusqu’au bout. La fin m’a laissée sur ma faim. Je me suis dit, la Louise elle est encore zappée, c’est vraiment l’histoire de sa vie… J’aurais bien aimé un réel focus dans la psychologie de ce personnage.

    Je n’ai pas aimé la distance mais le côté critique sociale m’a plu. Dans ce cas, j’aurais aimé que cela soit un peu plus creusé. Mais là encore c’est un parti pris qui se défend car c’est au lecteur d’interpréter pas mal de choses.

    Je trouve que c’est quand même un livre qui fait réfléchir, et ça c’est un bon point, car malgré un avis mitigé, j’avoue qu’il y a de la matière. Je nous souhaite d’ailleurs une belle discussion :)

    Dernière modification par Vinushka (29 Mars 2017 18:10:09)

  • Nathalie

    Livraddict Team

    Hors ligne

    #3 29 Mars 2017 18:15:19

    Vinushka a écrit:

    Alors moi, je m’attendais à un certain type de roman : le roman coup de poing, celui dont on se dit qu’il est poignant, qu’il nous retourne les tripes… et avec moi, ça l’a pas fait. Je serais curieuse de savoir si certains d’entre vous le qualifient de poignant. ??

    Alors moi je ne dirais peut-être pas poignant mais plutôt angoissant. Ce qui arrive est horrible, et d'autant plus horrible que le roman nous plonge dans la genèse du drame et on se rend compte que personne n'a fait de grosse erreur, que ce n'était pas prévisible ni évitable. Comme tu dis il n'y a pas de personnage parfait, même pas les enfants, mais justement, c'est ça la vie. Je n'ai pas d'enfant et pourtant ce récit m'a vraiment fait très, très peur. Quand on voit des faits divers horribles dans les journaux on se dit qu'il a dû y avoir des précurseurs, que les protagonistes ont fait une erreur, que si c'était moi j'aurais réagi à temps, j'aurais vu, j'aurais fait quelque chose... Mais là franchement je ne crois pas que j'aurais réagi à temps. On avance dans les pages et c'est comme voir un train arriver à toute vitesse vers le mur. J'étais soulagée à la fin du livre, il m'a vraiment remué les tripes.
  • MarjouLev

    Livraddictien débutant

    Hors ligne

    #4 29 Mars 2017 18:15:51

    Un mot pour qualifier ce roman : "dérangeant". Dérangeant parce qu'il bouscule nos convictions, nos clichés et que parfois, il fait froid dans le dos.
    Alors, oui, le ton est donné dès la première phrase et j'avoue que quand j'ai fini le premier chapitre, je me suis demandée si j'irais jusqu'au bout (c'est sans doute la maman qui parle^^). Le style est très froid, très impersonnel. Moi qui aime bien vivre l'histoire avec les personnages d'un roman, pour le coup là je n'en avais aucune envie.
    Je mets tout de même un 7/10 parce que l'auteur maîtrise son style jusqu'au bout et que l'histoire est bien ficelée. C'est le premier Goncourt que je lis, je m'en souviendrai je pense^^
  • Nelfe

    Jongleur de romans

    Hors ligne

    #5 29 Mars 2017 18:15:54

    Je suis d'accord avec Vinushka pour le côté froid. C'est un roman purement factuel. Leïla Slimani décrit sans fioritures la vie de cette famille depuis qu'elle a engagé Louise.
    Pas de suspens, on connait depuis le début ce qui s'est passé et qui est coupable.

    C'est ce côté là pour ma part qui m'a plu et je lui ai mis 16 dans la BBM, donc 8/10. C'est un roman qui se lit très bien, l'écriture est simple, les phrases sont courtes. Un Goncourt, ça peut faire peur et ici on est complètement happé par l'histoire. Perso, je n'ai pas pu me détacher de ce livre jusqu'à la fin. Un sentiment un peu voyeuriste sans doute, un besoin de comprendre également.

    Ce roman interroge le lecteur sur la nature humaine et il met franchement mal à l'aise. L'ambiance est glaçante, le drame inéluctable.
  • Riz-Deux-ZzZ

    Préposé aux marque-pages

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    #6 29 Mars 2017 18:17:02

    Une impression générale plutôt bonne même si j'ai encore beaucoup de mal à avoir un avis tranché sur la question, j'attendais d'ailleurs cette soirée avec impatience pour pouvoir en discuter plus profondément.


    Vinushka a écrit:

    Alors moi, je m’attendais à un certain type de roman : le roman coup de poing, celui dont on se dit qu’il est poignant, qu’il nous retourne les tripes… et avec moi, ça l’a pas fait. Je serais curieuse de savoir si certains d’entre vous le qualifient de poignant. ??

    Percutant, oui. Poignant, non, le style de l'auteure est en effet très froid, journalistique.
  • ju-s-tine23

    Lecteur timide

    Hors ligne

    #7 29 Mars 2017 18:17:35

    Oui en effet, il fait bien réfléchir.

    Ce qui m'a le plus marqué/effrayé, c'est la dépense parents/nounou.
    Au début c'est une relation tout à fait "normale" et professionnelle, puis au fur et à mesure, elle devient de plus en plus nécessaire, et se rend elle-même indispensable à la famille. Ils n'arrivent plus à vivre les uns sans les autres. C'est une dépendance malsaine qui s'installe jusqu'au drame final, et je me suis longtemps posé la question "Comment peut-on en arriver là?". Je crois que je me la pose encore.
  • Nathalie

    Livraddict Team

    Hors ligne

    #8 29 Mars 2017 18:21:18

    ju-s-tine23 a écrit:

    Ce qui m'a le plus marqué/effrayé, c'est la dépense parents/nounou.
    Au début c'est une relation tout à fait "normale" et professionnelle, puis au fur et à mesure, elle devient de plus en plus nécessaire, et se rend elle-même indispensable à la famille. Ils n'arrivent plus à vivre les uns sans les autres. C'est une dépendance malsaine qui s'installe jusqu'au drame final, et je me suis longtemps posé la question "Comment peut-on en arriver là?". Je crois que je me la pose encore.

    Mon avis là-dessus c'est que la nounou a tout fait pour créer cette dépendance dès le début. Vu ce qu'on apprend d'elle plus tard, je me dis que depuis le départ elle avait ce besoin de se créer une famille, de se rendre indispensable. Elle aurait pu se contenter de garder les enfants mais elle nettoie, cuisine, reçoit, s'efface, écoute, joue les confidentes, prend des initiatives... Elle n'avait pas besoin de faire ça, personne ne le lui demandait, et c'est ce qui fait qu'elle met les parents en confiance, bien plus que ce à quoi ils s'attendaient. Ils auraient pu se méfier et ils sont clairement égoïstes car ils n'imaginent même pas la vie que cette femme a en-dehors d'eux, mais c'était un piège qu'elle leur tendait.
  • Riz-Deux-ZzZ

    Préposé aux marque-pages

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    #9 29 Mars 2017 18:24:09

    Nathalie a écrit:

    ju-s-tine23 a écrit:

    Ce qui m'a le plus marqué/effrayé, c'est la dépense parents/nounou.
    Au début c'est une relation tout à fait "normale" et professionnelle, puis au fur et à mesure, elle devient de plus en plus nécessaire, et se rend elle-même indispensable à la famille. Ils n'arrivent plus à vivre les uns sans les autres. C'est une dépendance malsaine qui s'installe jusqu'au drame final, et je me suis longtemps posé la question "Comment peut-on en arriver là?". Je crois que je me la pose encore.

    Mon avis là-dessus c'est que la nounou a tout fait pour créer cette dépendance dès le début. Vu ce qu'on apprend d'elle plus tard, je me dis que depuis le départ elle avait ce besoin de se créer une famille, de se rendre indispensable. Elle aurait pu se contenter de garder les enfants mais elle nettoie, cuisine, reçoit, s'efface, écoute, joue les confidentes, prend des initiatives... Elle n'avait pas besoin de faire ça, personne ne le lui demandait, et c'est ce qui fait qu'elle met les parents en confiance, bien plus que ce à quoi ils s'attendaient. Ils auraient pu se méfier et ils sont clairement égoïstes car ils n'imaginent même pas la vie que cette femme a en-dehors d'eux, mais c'était un piège qu'elle leur tendait.

    Je suis assez d'accord : dès le départ, on sent que cette femme est en demande d'attention et de reconnaissance. Et cela s'accentue lorsque l'on connaît son passé et sa situation familiale.
  • Salem

    Lecteur timide

    En ligne

    #10 29 Mars 2017 18:25:38

    Le côté journalistique est tout à fait voulu, c'est ce qui évite de tomber dans le voyeurisme sordide qui ne correspondrait pas du tout au style de l'auteur. Elle cherche à faire réfléchir et à mettre face aux réalités de notre monde actuel : on est tellement détachés les uns des autres et tellement pris par notre propre vie qu'on peut côtoyer quelqu'un au bord du gouffre pendant des mois sans rien faire et sans quasiment s'en apercevoir. Ou bien, choisir de ne pas le voir, ce qui est pire.
    J'ai beaucoup aimé la métaphore de Nathalie, c'est exactement ce que j'ai ressenti : un train qui fonce dans un mur. Sans qu'on puisse l'arrêter, même si on pressent ce qui va arriver...

    Dernière modification par Salem (29 Mars 2017 18:29:56)