de l'influence en littérature

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“J’ai lu tel livre ; et après l’avoir lu je l’ai fermé ; je l’ai remis sur ce rayon de ma bibliothèque, – mais dans ce livre il y avait telle parole que je ne peux pas oublier. Elle est descendue en moi si avant, que je ne la distingue plus de moi-même. Désormais je ne suis plus comme si je ne l’avais pas connue. – Que j’oublie le livre où j’ai lu cette parole : que j’oublie même que je l’ai lue ; que je ne me souvienne d’elle que d’une manière imparfaite… n’importe ! Je ne veux plus redevenir celui que j’étais avant de l’avoir lue.”
Son intention, André Gide l’affirme sans ambages dès le début de cette conférence : “faire l’apologie de l’influence”. Il dénonce en effet la fausse originalité de ceux qui cherchent à se distinguer, qui se privent volontairement d’influences par crainte de perdre une personnalité qu’au fond ils ne possèdent pas. Or, un texte peut d’après lui pénétrer son lecteur et révéler une part de lui-même dont il n’avait pas conscience. Ce que l’artiste emprunte aux autres peut devenir source d’une nouvelle œuvre personnelle. Et Gide ne manque pas d’étayer son propos d’éminents exemples : ainsi est-ce Pouchkine qui insuffla à Gogol l’idée de son chef-d’œuvre, Les Âmes mortes. Pour Gide, seuls les grands hommes ne craignent pas de se laisser influencer comme, en retour, l’imité a besoin de ses imitateurs pour devenir un grand homme. Au fond, Gide anticipe ici sur le problème de la création littéraire posé plus tard dans Les Faux-Monnayeurs.

1 édition pour ce livre

2010 Editions Allia (Petite Collection)

Française Langue française | 48 pages | ISBN : 2844853587

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