Le Placard

de Un-Su Kim (2013)

Synopsis

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BON

Un trentenaire, après des années de formation et de tentatives, trouve enfin un emploi auprès d'un laboratoire public. L'unique tâche qui lui est confiée étant de vérifier le matériel livré chaque matin…

Ses journées se passent ainsi, entre l'ennui et la contemplation du vide. Il s’aperçoit vite qu’il n’est pas le seul à ne rien faire : ses collègues, ses supérieurs, passent leur temps à bricoler des maquettes de navires dissimulées sous le bureau, à feuilleter des encyclopédies...
Pour tromper l’ennui, il déambule dans le bâtiment et découvre le placard n°13. Là, il trouve des dossiers stupéfiants sur des « symptomatiques » : un homme au doigt duquel pousse un ginkgo, un autre qui veut devenir chat, des sauteurs du temps, des narcoleptiques insensés, des mosaïqueurs de mémoires, des extraterrestres exilés sur Terre, etc. : un catalogue de l'inimaginable réalisé. Surpris par Dr Kwon, maître du placard, il se voit contraint de devenir son assistant pour suivre ces dossiers et répondre aux appels des symptomatiques.

« Le Placard » est l’histoire d’un homme qui décrit la vie des «symptomatiques », des personnes qui manifestent d'étranges symptômes, signes avant-courreurs d’une nouvelle ère de l’humanité.
Ces symptomatiques forment une cohorte étrange où se mêlent un « hibernaute » qui a dormi 172 jours, un Pinocchio dont le doigt de bois - une prothèse - reprend chair et sang, un néo-hermaprodite capable de se reproduire seul et quelques buveurs de pétroles et mangeurs d'acier. Mais le placard n°13, qui accueille ces cas délirants, est surtout la boîte de Pandore du monde à venir…

Critique amère de notre société dite post-moderne, sur un ton caustique, ce roman s'inscrit dans la lignée des « Temps Modernes » de Chaplin. Les symptomatiques sont les pantins perdus qui font face à la réalité de notre société. Chaplin, mais aussi Cervantes ou Flaubert, « Le Placard » est un roman gothique et fou, dépourvu de règles, libre. Et les vérités des symptomatiques prennent vie grâce à l’écriture de l'auteur. Drôle et piquant, Kim Un-su donne au narrateur une distance particulière. On pensera aussi à Céline, peut-être et surtout au Voltaire de « Candide »

Titre original : The Cabinet (2006)

2 éditions pour ce livre

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2021 Editions Matin Calme

Française Langue française | Traduit par Kyung-ran Choi, Pierre Bisiou | 296 pages | Sortie : 4 Mars 2021 | ISBN : 9782491290450

2013 Editions Ginkgo (Lettres d'ailleurs)

Française Langue française | Traduit par Choi Kyungran ; Pierre Bisiou | 357 pages

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2 chroniques de blogueurs

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3 commentaires

  • missmymoo Le 05 Juillet 2013 à 14:44
    Une critique à l'humour caustique de notre société contemporaine, où les êtres humains paraissent de moins en moins adaptés au monde qui les entoure.
  • sagweste Le 28 Mars 2021 à 12:47
    coup de coeur. Outre une ambiance légèrement fantastique due aux cas évoqués, la tension monte quand un groupe secret souhaite que le Placard leur revienne à n'importe quel prix. L'auteur a su jouer sur plusieurs tableaux, d'abord psychologique pour que l'on cerne ses personnages avec toutes leurs singularités, puis en incorporant cette notion de mystère qui pourrait rapporter aux mafieux
  • Mr K Le 08 Avril 2021 à 22:01
    Un excellent roman qui ne ressemble à rien d'autre. Entre fantastique, roman noir avec ses persos complètement branques et une mélancolie diffuse qui nous renvoie à nos errances d'hommes soit disant moderne, on prend une belle claque avec une conclusion sans appel. Une petite merveille d'inventivité à la langue inventive et jubilatoire.

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