Solênopédie. Révélation d’un nouveau système d’éducation phrénologique pour l’homme et les animaux

de Dalbis et Marc Renneville (1838)

Synopsis

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TRES BON

En 1831, le narrateur suit un cours de phrénologie professé par Johann Gaspar Spurzheim (assistant de l’anatomiste allemand Franz Josef Gall). Un des participants retient son attention, qui lui demande 5000 Francs, et disparaît. Quelque temps après, en excursion dans les Pyrénées, il va à la rencontre d’un mystérieux «magicien» établi dans les ruines d’un vieux château féodal, qui effraie les habitants. Il y retrouve celui à qui il a prêté l’argent, qui lui fait visiter son château. Toutes les tâches domestiques sont assurées par un ours, des chiens, des chats, un loup, un taureau, des singes, des vautours, un grand-duc… «qui, obéissant soit aux signes, soit aux paroles du savant fou, tantôt apportaient un plat, tantôt emportaient une assiette, tantôt renouvelaient le vin et l’eau» (le visiteur les fait chanter la Marseillaise…). Plus loin, résonnent des cris d’enfants, «les yeux couverts d’un bandeau; dans la bouche un bâillon suffisant pour les empêcher d’articuler des sons, mais calculé de manière à laisser passer de l’air, et à ne pas étouffer leurs cris. Leur tête est nue, rasée avec soin, et percée de douze à quinze trous qui traversent le crâne».

Oscillant entre canular littéraire et conte moral, la Solênopédie s’inscrit dans l’engouement suscité par les théories de la phrénologie au début du xixe, à la suite de la publication en 1810 de l’ouvrage de Franz Joseph Gall, Anatomie et physiologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier avec des observations sur la possibilité de reconnaître plusieurs dispositions intellectuelles et morales de l’homme et des animaux par la configuration de leur tête. L’Académie des sciences a condamné les travaux de Gall exilé en France pour leur manque de scientificité, ce qui ne l’empêche pas de connaître une certaine renommée dans les milieux intellectuels parisiens. Mais c’est en Angleterre et surtout aux États-Unis que ses thèses trouveront le meilleur écho, grâce à la publicité qu’en fait Johann Gaspar Spurzheim.

Publié en 1838 vingt ans après le Frankenstein de Mary Shelley, ce texte rare et méconnu constitue l’un des tout premiers récits de science-fiction française.

Le Comte Dalbis est le pseudonyme d’un certain Aristide Barbier, manufacturier à Clermont-Ferrand.?Industriel, fondateur avec son cousin Édouard Daubrée de la société Barbier et Daubrée à Clermont-Ferrand qui deviendra la société Michelin.

1 édition pour ce livre

2020 Editions Jérôme Millon

Française Langue française | 124 pages | ISBN : 9782841373796

2 chroniques de blogueurs

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1 commentaire

  • gloubik Le 03 Juillet 2020 à 15:49
    À lire absolument.

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